Pour ou contre ?
 - 15.05.2010

La Burqa

Pas facile, dans le débat actuel, de se prononcer pour ou contre la Burqa. Afin d'essayer d'y voir plus clair, Andrea et Marie, toutes deux Tinkeuses, argumentent leurs positions opposées. A lire attentivement !

Auteur : Marie et Andrea Lucar

Marie est contre la Burqa (Pour l'interdiction) :

 

Tout d’abord, pour ma part, il s’agit d’informer les gens sur ce que sont les préceptes de l’Islam. En effet, il y a souvent un malentendu quand on entend parler de cette religion souvent apparentée au terrorisme. Selon le Coran, le livre Sacré de tout musulman, les trois principaux piliers sont :

 

1) La soumission totale du musulman à Allah.

 

2) La foi et  la sincère croyance aux nobles valeurs morales en tant que branches de la Foi et les six piliers de la Foi.

 

3) La Dévotion par les adorations: L'ensemble des actes de piété sous forme de devoirs moraux, d'actes prescrits par le Noble Coran et la Sounnah, d'évocations et invocations d’Allah et les adorations culturelles canoniques ou les cinq piliers de l'Islam conformément à la loi islamique selon l’exemple du Prophète Mouhammed. »

 

Dans ces valeurs, en aucun cas il est exigé de porter un voile et encore moins la burqa. Voilà, pourquoi en tant que musulmane pratiquante, oui je tiens à le préciser, car ce ne sont pas les plus voilées qui sont les plus pieuses, je serais plutôt pour cette interdiction. Et pour ceux qui disent que le fait d’interdire le port du voile intégral en Suisse, priveraient les femmes musulmanes de la liberté car elles seraient dans l’obligation de rester chez elles, je réponds que la liberté d’une femme a lieu seulement si on la prive de ces attraits physiques, notamment de ses cheveux et de son visage.

 

Prenons deux sujets dont un qui avait grandement crée la polémique, il y a quelques temps : la construction de minarets pour chaque mosquée, ce qui a été voté majoritairement non. Après demande de création de mosquée dans chaque ville. A chaque fois, la population islamiste en veut toujours plus et fait passer ses requêtes pour des préceptes de l’Islam. En ce sens, je  pense que les islamistes oublient certaines fois en quoi consiste l’intégration. On ne demande pas à ce qu’ils se convertissent telle n’est pas le but, il faudrait tout juste qu’il comprenne quelles sont les limites à ne pas dépasser.

 

En outre, pour revenir à la question de la Burqa, après l’interdiction lancée en Belgique, suivi par la France, on se demande si la Suisse va y succomber aussi, en sachant qu’une loi Suisse interdit déjà de se couvrir le visage dans les lieux publics. Avec l’arrivée des fêtes de Genève, les plus grands touristes sont des gens qui viennent de pays du golfe, et font un des plus grands chiffres d’affaires de notre ville durant les fêtes.

 

Pour clore le débat, l’interdiction de la burqa est une question qui n’a pas vraiment lieu d’être, en vue du nombre de femmes qui portent ce voile. Pour en voir, il suffit d’attendre la période des « Fêtes de Genève ». Et jamais au grand jamais la Suisse leur priverait du voile à ces touristes, qui pour les grandes boutiques de luxe, les plus grandes dépenses sont effectuées par des femmes du Golfe. L’argent prend encore une fois le dessus par rapport aux principes.

 

 

Andrea est pour la Burqa (contre l'interdiction) : "Dé-culturalisons le débat sur l’interdiction"

 

Dans ce débat, il ne s’agit pas de déterminer si le port de la Burqa est un symbole d’extrémisme ou de soumission féminine. Le seul débat qui, à mon sens, se montre productif est celui de déterminer si l’Etat a le droit ou non d’interdire un vêtement, quel que soit le degré d’affect qu’il comporte. Voici la vraie question. Que l’on juge le port de la Burqa comme une insulte à la liberté de la femme pour ensuite lui interdire de la porter me paraît passablement contradictoire.  Peu importe la symbolique que l’on associe à un vêtement, c’est une liberté fondamentale que de se vêtir comme on l’entend.

 

Cette interdiction me rappelle le cas de cette journaliste au Soudan qui avait été condamnée pour avoir porté un pantalon. Bien que les sanctions divergent grandement entre la France et le Soudan, l’objet de l’interdiction reste le même : le port d’un vêtement. Je m’étonne ainsi que le cas de la journaliste au Soudan ait tant soulevé les foules et que, concernant le port de la Burqa, les réactions soient si mitigées. Ne s’agit-il pas fondamentalement  du même acte ?

 

Ainsi, si en Suisse nous venions à interdire le port de la Burqa, nous atteindrions le niveau d’autoritarisme et d’intolérance pratiqué au Soudan. Réjouissante perspective.

 

Certains me diront que les interdictions concernant le pantalon et la Burqa ne peuvent être comparées puisque la Burqa est portée de force. Je ne doute pas qu’il y ait une partie des femmes obligées de porter ce vêtement et loin de moi la volonté de minimiser leurs souffrances. Mais l’instauration d’une interdiction du port de la Burqa, à mon avis, ne fera qu’empirer le sort de ces femmes. En effet, cette interdiction risque d’avoir comme conséquence leur enfermement à l’intérieur du domicile. En conséquence, ces femmes déjà passablement marginalisées se retrouveront complètement isolées.

 

Quant aux femmes qui portent la Burqa par choix, je ne comprends même pas que l’on envisage de légiférer leurs choix vestimentaires. Le fait que le port de la Burqa ne soit pas inscrit dans le Coran ne me paraît pas non plus une raison pour l’interdire. Au fond, peut importe pourquoi elles la portent, du moment que c’est volontaire, personne d’autre n’a le droit de décider de leur mode de vie.

 

En conclusion, si jamais Genève finissait par adopter ou être soumise à cette interdiction, nous serions quelque part revenus au temps de Calvin, si cher aux genevois, qui avait, dans un profond souci de moralité, établi une liste exhaustive des tenues, accessoires et parures interdits pour préserver les citoyens d’une influence jugée néfaste.

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